Pause Santé n°17

Sida, bientôt la fin de la pandémie ?

L’Onusida le confirme dans son rapport publié le 21 novembre : le taux annuel de nouvelles infections à VIH a chuté de 21% entre 1997 et 2010.

« Elles sont tombées à leur plus bas niveau depuis le pic de l’épidémie à la fin des années 90 », expliquent les auteurs du rapport.
La mortalité elle aussi recule.
34 millions de personnes vivaient avec la maladie en 2010 en raison d’un meilleur accès aux médicaments antirétroviraux.

Cette mise sous traitement fait partie de l’arsenal de la prévention* tout comme la circoncision masculine, les changements de comportements et l’utilisation du préservatif.

Même si ces chiffres sont encourageants, la contamination progresse toujours plus vite que l’accès au traitement.

Pourtant, l’espoir d’éradiquer l’épidémie existe réellement. Il dépend de l’accès universel aux médicaments (7 millions de personnes infectées qui en ont besoin n’en bénéficient pas), de la mise en place de moyens logistiques et humains sur le terrain et d’un élargissement du dépistage et de la prévention.

Pour ce faire, il faudrait récolter près de 20 milliards de dollars selon Stéphane Simonpietri, directeur des programmes internationaux de l’association Aides.
Dans un contexte de crise économique mondiale et de baisse des financements internationaux (8,7 milliards de dollars en 2009 pour 7,6 milliards en 2010), les associations et le Conseil national du sida, organisme présidé par le professeur Willy Rozenbaum, plaident pour la création d’une taxe sur les transactions financières dont une partie pourrait être affectée à la lutte contre le VIH.

Cette taxe, évoquée en conclusion du récent sommet du G20 à Cannes, ne fait pas consensus.

De nombreux pays s’y opposent, les États-Unis mais aussi, en Europe, la Grande-Bretagne et la Suède. Pour éviter que ce projet porteur d’un formidable espoir ne soit enterré, la France et les pays qui la soutiennent peuvent créer une dynamique en l’adoptant sans attendre dès le début de l’année 2012.

 

Fabienne Attali, Directrice de la rédaction

 

* Les résultats de l’essai HPTN 052, publiés en mai 2011, ont démontré qu’une personne infectée qui prend bien ses antirétroviraux ne transmet plus le virus.